« Guernica » de Pablo Picasso, une oeuvre engagée

Style, mouvement ou courant :

Guernica est une œuvre figurative –

Elle n’appartient pas au mouvement cubiste à proprement dit. Le mouvement est alors déjà révolu. Néanmoins on retrouve le style de Picasso visant à la fragmentation, voire la géométrisation qui compose le tableau.

Le cubisme

Le cubisme est un mouvement artistique d’avant-garde du 20e siècle, lancé par Pablo Picasso et Georges Braque, qui a révolutionné la peinture et la sculpture européenne, en plus d’inspirer les mouvements liés à la musique et à la littérature.

Dans les œuvres d’art cubistes, les objets sont fragmentés, analysés et rassemblés dans une forme qui se rapproche de l’abstraction au lieu d’un objet représenté et clairement reconnaissable et observé d’un seul point de vue.

L’artiste montre l’objet d’une multitude de points de vue pour représenter le sujet dans un contexte plus large. Souvent, les surfaces se croisent au hasard, enlevant à l’ensemble son sens cohérent de la profondeur. Une façon de dénoncer l’illusion de profondeur de la toile.

Pour comparer voici une œuvre cubiste :

Picassoguitare et violon_1913

Pablo Picasso, « Guitare et violon”; 1912

Description de l’œuvre

Technique : Huile sur toile

Dimensions : 3m51 X 7m82 cm. Sa grande taille fait que le spectateur est immergé dans la toile, accentuant l’émotion et sa prise à partie.

Cadrage : Etant donné la longueur du tableau : plus de 7 mètres on serait tenté de l’assimiler à une vue  panoramique mais la scène étant essentiellement dirigée sur des personnages on l’apparente d’avantage à un plan moyen basé sur les actions des personnages et non sur le paysage environnant.

Point de vue : Les personnages sont vus de manière frontale

Composition : Les grandes lignes de force du tableau révèlent une œuvre coupée en trois voir quatre; la partie centrale pouvant à son tour se diviser, ainsi qu’une construction pyramidale qui permet au regard de circuler vers la lumière, symbole de l’espoir.

composition-Guernica_Picasso1

Couleur : La toile est pratiquement en noir et blanc, juste quelques teintes de brun peuvent apparaître. Ceci entre en résonnance avec l’épisode historique sombre. Ce peut être aussi un rappel des couleurs du journal par lequel Picasso a appris la nouvelle du bombardement.

Lumière : Elle vient du plafond

Les éléments en présence donnent-ils un sens ? Lequel ? Pourquoi ? Anecdotes ?

L’œuvre à la loupe :

Le taureau : Très présent dans l’œuvre de Picasso (Espagne, tauromachie).

Symbole de cruauté, de force brute (corrida). Représente les nationalistes ?

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Picasso, tête de taureau

Une mère qui hurle avec son enfant dans les bras : Ses yeux sont en forme de larmes.

Langue en forme de couteau : violence.

Elle montre toute l’horreur du bombardement qui touche des civils innocents.

C’est aussi une référence à une figure récurrente de l’art : la Piéta

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Michel Ange, « La pietà » représente le thème biblique de la Vierge Marie tenant sur ses genoux le corps du Christ descendu de la croix avant sa mise au tombeau. 1498-1499, marbre, 174 cm × 69 cm, Basilique Saint Pierre.

Une femme tombe d’un immeuble en flammes. Les yeux sont aussi en forme de larmes.

Des bombes incendiaires ont été utilisées. Souffrance et désespoir, bras levés au ciel : autre référence. Goya « El tres de mayo » (voir image plus haut).

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                                                                      Goya « El tres de mayo »

Le cheval :

Selon Picasso, il représente le peuple : il est représenté blessé (lance, blessure sur le flanc). Il hennit de douleur, c’est une victime innocente. Le peuple martyrisé.

Langue en forme de couteau : violence.

C’était un jour de marché : de nombreux animaux sont morts ce jour-là.

Les caractères d’imprimerie rappelés par le pelage de l’animal: les informations arrivaient à Picasso par les journaux.

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Le soldat qui agonise :

Le corps est en morceaux : horreur de la guerre et en particulier des bombardements. Les traits sur les bras : blessures.

Il tient une épée brisée : c’est l’armée républicaine dont la résistance est brisée.

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Un fantôme tenant une lampe :

Le monde faisant la lumière sur ce qui s’est passé ?

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La femme qui boîte : 

Blessée, mais survivante, elle rampe vers la lumière ?

Corps disproportionné : blessures…

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L’ampoule :

L’œil du peintre ?

Une lueur d’espoir ?

Au contraire : une bombe ?

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Colombe :

Signe de paix, mais ici dans l’obscurité

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Fleur :

La vie mais fragile.

Symbole d’espoir ?

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Portée ou influence de l’œuvre

En quoi l’œuvre a-t-elle marqué son temps ? Peut-on la rapprocher d’autres œuvres ?

« La peinture n’est pas faite pour décorer les appartements; c’est une arme offensive et défensive contre l’ennemi », c’est ce que déclara Picasso à propos de Guernica.

Elle est le symbole fort de la fin de la dictature.

– Elle peut rappeler Christian Boltanski, Réserve, 1990 qui est une installation de dimensions variables composée de vêtements et lampes.

Il s’agit d’une pièce qui fait allusion aux entrepôts dans lesquels les nazis remisaient les effets des personnes déportées. L’usage du vêtement chez Boltanski est donc d’emblée lié au thème de la mort, comme c’était déjà le cas pour la photographie. Pour lui, « La photographie de quelqu’un, un vêtement ou un corps mort sont presque équivalents ».

Le thème de la disparition et du souvenir, la mémoire est récurrent dans son œuvre en général

Avec la Réserve de 1990, Boltanski tapisse les murs d’une salle entière de vêtements usagers, voire poussiéreux, qui répandent une odeur de grenier. Car la forte présence de l’œuvre ne se manifeste pas seulement visuellement, mais par une dimension olfactive trop rarement exploitée en art plastique.

– Elle symbolise une forme de résistance comme « la liberté guidant le peuple » d’Eugène Delacroix, 1830 qui évoque un soulèvement populaire.

« Si je n’ai pas vaincu pour la Patrie, au moins peindrai-je pour elle… »
Dans cette toile, Delacroix témoigne de la révolution sanguinaire qui déchire Paris les 27, 28 et 29 juillet 1830. Au cours de ces trois jours, surnommés les « Trois Glorieuses », les républicains libéraux protestent contre les ordonnances de Saint-Cloud émises par Charles X et limitant les libertés (censure, dissolution de la chambre, restriction du droit de vote par augmentation du cens). Le dernier roi Bourbon est ainsi renversé, et remplacé par Louis-Philippe, Duc d’Orléans.
La toile est achevée trois mois après l’insurrection et le début de la monarchie de Juillet. Elle est exposée dès 1831 au Salon.

xprimer son ressenti…

Conclusion :

Dans cette œuvre, Picasso veut dénoncer l’évènement. Il alerte et prend à témoin toute la communauté internationale.
Pour que son message soit très clair, il accumule des symboles que tout le monde peut comprendre. C’est cette universalité du message qui fait de Guernica un tableau aussi célèbre. Pour cette raison, depuis 1985, une reproduction de Guernica siège à l’entrée du Conseil de sécurité des Nations unies à New York. Elle y a été placée pour rappeler les horreurs de la guerre.
Il est un appel constant, pour nous tous, de l’horreur de la guerre. Pacifiste convaincu, Picasso a toujours pris parti contre les horreurs commises.

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